Vie de papa: lettre ouverte à la Sun Life

Cet après-midi, j’ai décidé d’envoyer une lettre ouverte à la Sun Life concernant notre situation d’assurance suite au décès de mon petit trésor (lire: Vie de papa: les assurances). Je crois fermement que, si on ne fait rien, rien ne changera dans notre société. Alors, voici la lettre qui, je l’espère, se retrouvera dans les plus haute sphère de ma compagnie d’assurance.

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Rimouski, le 12 mars 2012

À l’intention de:

Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie

Objet: Assurance temporaire d’enfant

Bonjour,

Je me présente, François Bérubé, papa d’un ange nommé Charles-Antoine. Il y a deux mois et demi, le 27 décembre 2011, je vivais le plus beau jour de ma vie, mon fils naissait. À peine treize jours plus tard, le 9 janvier 2012, il prenait ses ailes d’ange suite à une délicate intervention médicale à cœur ouvert.

Dans les semaines précédant la venue de Charles-Antoine, comme tout bon père de famille, prévenant et prévoyant, j’ai communiqué avec mon conseiller afin d’assurer la vie de mon petit trésor. Il a bien pris soin de m’expliquer toutes les modalités du contrat que nous allions signer. C’est en toute connaissance de cause que nous l’avons accepté.

Je vous écris donc, non pas pour obtenir un remboursement, réclamer une prime, ou quoi que ce soit dans cette optique, mais plutôt pour dénoncer ce que je trouve être une aberration dans votre système d’assurance en ce qui concerne les nouveaux-nés.

Lorsque nous avons signé notre contrat d’assurance temporaire d’enfant, mon courtier nous avait expliqué certaines modalités particulières. Celle qui nous interpelle dans notre cas est que, un enfant décédé entre 0 et 15 jours de vie ne « rapporte » aucun versement d’assurance-vie à ses parents. Après 15 jours, ceux-ci peuvent réclamer 25% de ladite assurance temporaire d’enfant. Je ne vous apprends rien j’en suis certain.

Comme mentionné ci-dessus, mon enfant a eu le « malheur » de mourir 2 jours trop tôt…

Non pas que cela nous aurait rapporté beaucoup d’argent. On parle d’une assurance d’à peine 20 000$. Mais, cela nous aurait certainement aidés à payer certains des frais reliés au décès d’un enfant : funérailles, journée de travail perdue, etc.

En quoi un enfant qui a vécu 13 jours de vie est-il aussi différent que celui qui a vécu 48 heures de plus? C’est assez aberrant quand on y pense…

J’ai encore confiance en Sun Life et ses produits. J’ai un excellent service avec mon courtier. Mais, je crois qu’il y a place à amélioration concernant certains de vos produits.

Pensez aux humains devant vivre des drames comme le nôtre. Je ne souhaite pas à personne de vivre ce que nous avons vécu. De savoir qu’on tente de protéger sa famille, comme tout bon père de famille le ferait, et de se retrouver devant une situation de la sorte me laisse perplexe.

J’espère que, par cette lettre, vous prendrez conscience que, certaines décisions administratives sont bien belles sur papier, mais qu’elles ont un impact terrible sur la vie de plusieurs personnes en des moments où ils  ont besoin du plus grand support.

Cordialement,

François Bérubé

francoisberube@hotmail.com

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14 réflexions sur “Vie de papa: lettre ouverte à la Sun Life

  1. Je suis tellement d’accord avec vous. Lorsque nous avons pris l’assurance pour nouveau-né pour nos 2 garçons, il nous ont fait part de cette exception asser déplacée je dirais! Tout être humain même décédé à la naissance devrait être considéré comme tout les autres. Il ont autant leurs place que nous, et ce n’est certainement pas pour faire de  » l’argent  » sur son « dos » !!!! C’est un véritable drame de perdre un enfant / bébé et nous avons besoin de soutien et d’aide financière!

    Merci de dire haut ce que plusieurs dans votre situation pense mais tout bas! Je vous en suit très reconnaissante!
    xox

  2. c’est clair c’est du n’importe quoi a 48 h pret….c’est ridicule comme dit « isabelle » que l’enfant et 1 h ou 15 jours de vie la douleur est la même pour les parents qui vivent la perte de leur trésor, j’espère sincèrement qu’ils prendront votre lettre en considération,mais honnêtement j’ai un doute car dans notre societé maintenant c’est un peu sans pitié on se demande si les gens qui s’occupe de ce genre de chose on un coeur …enfin faut rester positif et croire qu’un jour les choses changeront positivement grâce a tous ces parents courageux qui traverse de tel drame et qui s’exprime pour que de tel aberration n’arrive pas aux autres encore un beau geste de générosité de votre part francois!

  3. Je suis d’accord avec tout ce qui se dit. Quand on en est à quelques minutes près,c’est à se demander ou commence
    et ou fini le sens des mots  »humain et inhumain  ». La technologie ne cesse d’avancer mais les valeurs humaines ne cessent de regresser! Bon courage à François et sa conjointe !

  4. Je trouve votre lettre très belle et touchante et vous avez entièrement raison dans tous vos propos. Malheureusement, les compagnies d’assurance ne sont pas touchées par nos drames personnels et je parle par expérience. J’ai du entreprendre des démarches judiciaires qui ont durées 4 ans afin de faire rectifier une erreur de leur part et ce, suite à un événement très tragique, croyez-moi. Je savais que j’avais raison mais il a fallu les poursuivre car ils n’admettaient pas leur erreur. Le juge s’est évidemment prononcé en notre faveur mais à quel prix? Et notre système de justice fait en sorte qu’on doit payer nos frais juridiques même si on a raison. Je vous souhaite toute la chance du monde quand même. Mais je vous jure que mon drame et ma peine n’ont, à aucun moment, été importants. Je n’ai jamais eu d’excuses et de plus il faudrait que je les poursuive encore pour me faire rembourser les frais occasionnés par leur erreur…mais là…plus d’énergie.

  5. Je crois qu’un enfant, dès qu’il nait, devrait être un être humain assurable, point à la ligne… on ne sait jamais ce qui peut se passer à la suite de la naissance… Et que fait-on des enfants morts à la naissance, on ne peut pas les mettre aux ordures, ca demande aussi des frais, des jours de récupération, etc… c’est un gros débat … Je vous appuie !

  6. Bonne Chance avec la Sun Life … je me suis battue longtemps avec eux …. c’est une CIE qui est barrée a VIE pour moi .

  7. Très clair et bien écrit. J’espère que certaines personnes, une fois qu’ils auront lu la lettre, prendront la peine de mettre leur cerveau à ON et d’entamer une petite réflexion. Merci de prendre le temps d’écrire ce que plusieurs pensent sans rien faire. De nombreuses compagnies d’assurance devraient tenir compte d’un tel message et faire les ajustements qui, selon moi, sont de façon flagrante nécessaires.

    1. Le pire JF c’est que j’ai tellement l’impression de donner un coup d’épée dans l’eau… Mais, pour ma propre conscience, je dois tenter quelque chose!

  8. «J’espère que, par cette lettre, vous prendrez conscience que, certaines décisions administratives sont bien belles sur papier, mais qu’elles ont un impact terrible sur la vie de plusieurs personnes en des moments où ils ont besoin du plus grand support.»

    Aux yeux d’une compagnie d’assurance comme Sun Life, ces décisions administratives ne sont pas qualifiées de «belles», mais de «profitables». Les analyses actuarielles démontrent certainement qu’un nouveau-né a beaucoup plus de chance de mourir dans les deux premières semaines qu’après. Bref, en excluant le 15 premiers jours de la couverture du décès d’un bébé, la Sun Life peut offrir un produit attrayant à moindre coût. C’est d’abord et avant tout une question de rentabilité et de compétitivité. Et un peu de «bullshittage» aussi de la part de ses courtiers peut-être, histoire de camoufler les failles des produits. Aussi froid que ça.

    «En quoi un enfant qui a vécu 13 jours de vie est-il aussi différent que celui qui a vécu 48 heures de plus? C’est assez aberrant quand on y pense… J’ai encore confiance en Sun Life et ses produits. J’ai un excellent service avec M. Bernatchez. Mais, je crois qu’il y a place à amélioration concernant certains de vos produits.»

    Encore une fois, le produit qu’ils offrent dépend d’un calcul actuariel, et pour assurer la rentabilité, il n’y a pas d’espace pour des exceptions. Il pourrait toujours offrir un autre produit qui couvrirait la mort d’un bébé dès sa naissance, au dès la septième journée, mais cela coûterait plus cher.

    Pas très humain comme système, malheureusement.

    Sylvain Bérubé, Sherbrooke

  9. je suis tout a fait daccord avec toi françois.. Nous nous n’avons pas eu le temps de prendre une assurance on s’est trop concentré sur notre 1 mois et demi avec lui..on aurait p-e dû en prendre une mais maintenant cest trop tard..et je métais fait dire qu’un enfant avec une malformation cardiaque cest difficile a assurer, la plupart des ass. ne veulent pas ou qqchose du genre… Alors on a dû faire une demande a lassurance sociale pour payer tous les frais funeraires et tt ski vient avec.. on ne sait pas encore si sa va etre accepté mais je crois que oui..mais dieu que cest compliquer..ils nous disaient de faire la demande a la régie des rentes , qui eux ne donnent rien etant donné que cest un bebe sa a jamais cotisé lol c normal, et ensuite sa leur prenait plein de pappier, plein de trucs a remplir pour avoir droit… ahhh le gouvernement… sa ns donne la vie dure qd la vie en deuil l’est déja assez comme sa!!!! Mais comme tu dis, cest absurde qu’il mettre un temps a l’assurance, le bebe naissant est aussi important qu’un bebe de 15 jours… c’est nimporte quoi.

    1. Effectivement, la bureaucratie est tellement complexe et s’il y a bien un moment de notre vie où l’on n’a pas besoin de ça, c’est bien là…
      Pour les assurances, on y a pensée avant la naissance de Charles-Antoine, donc, ce n’était pas compliqué le faire assuré, mais ça venait avec les conditions que l’on connait. Donc, ça n’aura pas servi à rien d’un certain sens…

  10. On dit souvent que les chiffres n’ont pas d’âme… pas trop d’humanité non plus. Sincèrement, j’espère que ta lettre fera éventuellement bouger les choses… Tu as tout mon appui !

  11. Je connais cette situation pour l’avoir vécue 2 fois, soit en 1986 avec un de mes fils qui a été opéré à coeur ouvert à l’âge de 10 mois et en 2003 lorsque ma fille a perdu sa fille de 12 jours également suite à une opération pour malformation au coeur. Je suis très déçue qu’il n’y ait aucune amélioration du côté des assureurs. Perdre un enfant c’est déjà si difficile qu’on ne devrait pas avoir d’autres soucis en plus.

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