Vie de prof: 25% de décrochage professionnel

On parle « jeunes profs » aujourd’hui. Jeune dans le sens qu’ils sont en début de carrière. Je suis un jeune enseignant malgré mes 34 ans bien sonnés!

Ce matin, je suis tombé sur un autre article parlant du « merveilleux » monde de l’éducation. Cette fois-ci, une jeune enseignante qui dresse un portrait de la vie d’enseignant à statut précaire. Je vous en ai déjà parlé (lire: Le merveilleux monde de l’éducation et La vie d’enseignant à statut précaire) en long et en large.

Pourquoi je reviens sur le sujet? Parce que c’est bien de voir que je ne suis pas le seul à penser de cette façon.

Dans son article, « En attendant sa permanence… » publiée dans le journal la Tribune de Sherbrooke le 17 février, l’auteure Caroline B., y va d’une phrase à la fin de son article qui m’a stupéfait…

« Il y a deux ans, on pouvait lire un article qui mentionnait que près de 25 % des jeunes enseignants quitteraient le métier au cours des cinq premières années de leur carrière. C’est beaucoup et ça mériterait qu’on s’y attarde! Dans mon cas, je ferai partie de ces 25 %.« 

Au moins, elle a la lucidité de dire tout haut ce que plusieurs se refusent d’admettre, elle ne sera probablement plus enseignante d’ici quelques années. Elle fera elle aussi partie des statistiques qui indiquent que 25% des nouveaux enseignants décrochent.

Dans mon cas, j’y pense aussi. Ce n’est pas que je n’aime pas mon métier. Au contraire! Si vous saviez tout le bonheur que j’ai à me retrouver dans une classe avec des enfants merveilleux, dans une école avec des collègues passionnés. Non, c’est loin d’être ça le problème.

Cela fera déjà 4 ans en avril que j’ai terminé mon baccalauréat. 4 ans que j’attends que le téléphone sonne pour avoir du travail, pendant quelques semaines, et si je suis chanceux, pendant quelques mois. L’été, je n’ai d’autres choix que de continuer à travailler comme serveur dans un restaurant.

En passant, j’adore travailler comme serveur. J’aime le contact avec le public. J’aime le resto où je travaille, le Bistro du Nipigon à Ste-Luce-sur-Mer, pour son côté « vacances ».

Mais, je me dis que j’ai étudié 4 années à l’université pour être obligé d’avoir un « job d’été » parce que je ne serais pas capable de survivre financièrement sans ça? Et c’est sans compter que je dois vivre une partie de l’année, de septembre à janvier, février, au crochet de l’état (assurance-emploi)!

C’est franchement décourageant!

Est-ce que je ferai partie des 25% pour aussi? Je n’en sais trop rien…

Ma cohorte en enseignement primaire à l’UQAR. 25% d’entre eux n’enseigneront plus d’ici quelques années…

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5 réflexions sur “Vie de prof: 25% de décrochage professionnel

  1. Si tu as une maitrise , et juste à titre d’information , on cherche des tuteurs à distance à la TELUQ. Évidemment c’est très différent mais je tenais à te le faire savoir!

    Bonne journée !!!

  2. c’est la réalité de tellement de gens…et pas juste dans l’éducation…c’est une réalité, il n’existe plus le temps où en terminant des études on a un job pour 25 ans…

  3. Salut François,

    Très vrai. Moi j’ai terminé mon bac en 2005 . J’ai reçu une vraie douche froide et vraiment été très déçue de l’accueil et du portrait défaitiste de la directrice de la commission scolaire, qui était venue raconter à la promotion comment allait se dérouler l’embauche et ce, une semaine avant la fin de notre bacc. De plus sa façon hautaine de nous amener les choses n’était pas pour arranger son petit discours. Laisse moi te dire que ma motivation en a pris un sacré coup. Je ne sais pas si c’était déjà une façon de faire de l’épurage ! Après s’étre fendue le cul en quatre (je sais ça manque d’élégance) durant 4 années, après avoir travaillé dure en stage, composé avec certains parents plus ou moins coopératifs, obtenue le diplôme, plus le brevet t’autorisant à enseigner, en plus dans mon temps on devait se retaper un test de français après avoir eu notre diplôme. Après comme tu le dis si bien ce sont les contrats qui entrent en jeu, avec tous leurs lots de containtes! Et que dire quand on est région où la concurrence est rude et qu’il faut se tailler sa place, on me dira va à Montréal y en a de la job! Eh bien non, moi je veux garder ma qualité de vie.
    Tout ça pour dire que finalement je n’enseigne pas, je suis actuellement maman au foyer de mes deux puces d’1 an et 3 ans, je suis bien chanceuse de pouvoir me le permettre. Et dès que mes crapounes feront leur entrée dans le beau monde de l’éducation (hé oui je serai un parent très coopératif avec le ou la prof qui aura mes filles) je pense sérieusement retourner sur les bancs de l’école et aller dans le monde de la santé.

    Marina

  4. Même chose chez les infirmières… Parmi celles qui ont commencé à exercer dans le réseau public, moins de 80 % y étaient encore cinq ans plus tard. On a un cr*ss de problème de rétention.

  5. wow c’est pas drole ca…. Au Manitoba la division scolaire franco- manitobaine est désespéré pour des profs en français…. C’est une division scolaire 100% en français..les écoles immersion aussi… il n’a pas des positions l’autre bord de la frontière au nouveau brunswick? just une idée… food for thought.. bonne chance!

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