Le « merveilleux » monde de l’éducation

L’instant de ce billet, je délaisse la « Vie de papa » pour vous parler un peu du monde de l’éducation dans lequel j’évolue.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, en 2004, j’ai effectué un retour sur les bancs d’école pour devenir enseignant au primaire. J’ai fait mon baccalauréat à l’UQAR et j’ai gradué en avril 2008. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai connu Cynthia, mais ça, c’est une autre histoire que je vous raconterai peut-être un de ces quatre!

Donc, depuis 2008 que j’essaie d’enseigner. 4 ans plus tard, je suis toujours enseignant à statut précaire. Je suis sur la liste de priorité pour avoir une permanence, mais disons que la liste est quand même longue avant d’atteindre mon nom. Mais, ce billet ne portera pas sur la vie d’enseignant à statut précaire puisque j’en ai déjà parlé dans un billet précédent (lire: La vie d’enseignant à statut précaire).

Présentement, je suis toujours sans contrat. Ce qui est une bonne chose compte tenu des circonstances. Surtout que le système n’est pas fait pour les personnes vivants des drames comme le nôtre. Avoir eu un contrat, j’aurais dû recommencer à travailler assez rapidement… Les papas sont, en quelque sorte, laissés de côté par le système. Mais, ça aussi c’est une autre histoire.

Tout cela pour dire que je m’intéresse beaucoup à ce qui se passe dans le monde de l’éducation. Je suis capable de me faire une opinion et j’aime bien échanger avec mes collègues ou toute autre personne qui s’intéresse/s’inquiète de notre système éducatif québécois. Encore une fois, j’ai la chance d’avoir une tribune qui peut me permettre de conscientiser les gens et je compte bien m’en servir éventuellement.

Dans les derniers jours, j’ai lu deux articles forts intéressants.

Le premier a été écrit par Thérèse Martin et publié dans le journal l’Avantage de Rimouski sous le titre: « Les tableaux interactifs, des cadeaux empoisonnés« .

Le deuxième a été écrit par Luc Papineau et publié par le Devoir sous le titre: « Enseignement intensif de l’anglais au primaire – Un beau mirage pour les parents« .

Je vous recommande fortement de les lire. Les deux font la démonstration que notre gouvernement fait, encore une fois, fausse route dans le domaine de l’éducation. On tente un peu n’importe quoi sans vraiment réfléchir à ce qui serait idéal pour les principaux intéressés: les enfants… Quand les politiciens se mêlent d’un domaine qu’ils ne maitrisent pas, on assiste à des dérapages comme on en voit depuis plusieurs années. C’est un peu comme si j’allais dire à un entrepreneur en construction ce qu’il doit faire pour monter sa tour à bureau. Laissez-moi vous dire que ça serait croche pas mal! Et bien, avec nos politiciens qui s’improvisent spécialistes en éducation, on a comme résultat que les classes sont surpeuplées, les enfants en difficulté le sont encore plus, les enfants doués doivent ralentir le rythme, etc.

Quelle est la solution? Je ne le sais pas trop… Par contre, il serait temps de prendre un temps d’arrêt, d’analyser la situation comme il faut et enfin, de réagir pour le bien-être des enfants. Je ne pense pas que c’est à grand coup de tableaux interactifs que l’on aidera les jeunes à réussir en classe. Encore moins en leur enlevant la moitié de leur 6e année pour apprendre une autre langue.

Une dernière chose… On a un sérieux problème dans notre société à vouloir tout aseptiser. Dans les écoles, dans les classes, on voudrait que tous les élèves soient des amis. Tout le monde est beau, tout le monde il est gentil… On s’entend que ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. On demande aux enfants ce que nous ne sommes pas capables de faire comme adulte. Et c’est tout à fait normal, soit dit en passant, de ne pas être capable de s’entendre avec tous et chacun. Il faut par contre apprendre à vivre avec! Lorsque je suis en classe, mes élèves, je leur demande de se respecter. Tout commence par cela, n’est-ce pas?

Je fais ici un petit parallèle avec ce que je vis. Le deuil périnatal existe. Que vous le vouliez ou non… Je discutais justement avec quelqu’un dernièrement et je disais que ça serait bien que dans les cours prénataux, on nous parle un petit peu que ce n’est pas toutes les grossesses qui sont « normales ». Cette personne était parfaitement d’accord avec moi, mais elle rajoutait que cela n’arrivera pas puisque les femmes enceintes ont besoin de se faire rassurer que tout va bien aller. Encore une fois, on joue à l’autruche; il ne faut pas entendre ce qu’on ne veut pas entendre. Je ne dis pas qu’il faut leur faire peur et leur dire qu’il y a de bonnes chances que ça se termine comme pour nous. Il y aurait tant à dire sur les grossesses et les accouchements dits non conventionnels.

Qui aura le « guts » de se tenir debout? De dire les vraies choses? Arrêtons de se mettre la tête dans le sable, que ce soit en éducation ou pour tout autre enjeu de société, et avançons dont un peu…

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13 réflexions sur “Le « merveilleux » monde de l’éducation

  1. Bonjour! comme vous avez raison….le système scolaire fait l’autruche et je peux en dire long…aillant 4 enfants totalement différent l’uns de l’autres, j ai une de mes filles qui a eu des difficultés et a encore de la difficulté car elle est rendu a 18 ans dans un cour au privé en esthétique et ne réussis pas sa théorie!! la pratique pas de trouble…..mais tout ça pour vous dire que pendant des années nous lui avons dit  » bien non t es bonne aller une années de plus… » jusqu’au jour il lui annonce quelle est trop vieille pour continuer l’école dans leur établissement vu ces retard académique!!!(elle avait fait sont sec. 4 mais pas réussi dans toutes les matière) toutes ces années passer a ne pas  »brimer sont estime d’elle ». je peux tu vous dire quelle en a brailler de se faire dire quelle n’etait pu asser bonne pour eux a 17ans!! bien pire que lorsqu’elle avait 8ans et qu’ils l’aurait fait recommencer sont année pour quelle puisse reprendre ce quelle avait pas compris. En passant ce n’est pas une enfants qui a des problèmes T.E.D. ou autres, elle a juste pas appris aussi vite que les autres……(etant née aussi en septembre plus jeune en classe!!)
    heureusement qu’il y a des gens comme vous qui veulent faire des actions pour les enfants.

    1. c’est…….. c’est épouvantable, et je me retiens, je reste polie. C’est dès le début qu’il faut aider les jeunes en difficulté, voir la réalité telle qu’elle est……..

  2. J’en aurais long à dire sur le sujet également… étant une enseignante également !!! À statut précaire, en plus … 😉
    J’aime beaucoup te lire… et tu rejoins mes points de vue !
    Quand j’aurai un peu plus de temps, je me permettrai d’argumenter d’avantage… Toutefois, je retourne dès maintenant à mon plus beau métier: celui de maman…

    Bonne journée !

  3. très intéressant et réaliste! tellement d’aberration dans notre societé comme la vieillesse ,les fins de vie on en parle pas, les personnes âgées partent en maison de retraite on les caches la mort est tabou on dit rien a nos enfants car dans notre societé la mort fait peur alors que c’est une continuité de la vie, elle fait partie de la vie, tellement de chose que l’on nous cache pour soi disant nous rassurer! et quand cela nous tombe dessus on si attend pas du tout car pas informé (cancer, problemes lié a la grossesse’ pdt l’accouchement , ect) on nous prend pour des andouilles ni plus ni moins!

  4. Au niveau du deuil périnatal, dans nos cours prénataux nous en avons parlé, bien entendu pas en profondeur. Seulement de ne pas « trop idéaliser » car on ne peut prévoir l’imprévisible. Et justement l’infirmière et la sage-femme donnant le cours ont dit qu’il fallait en parler parce que, malheureusement, ce genre de chose peut arriver… qu’il ne fallait pas jouer à l’autruche! Dommage que ces fameux cours ne soient pas « standardisé » afin que chaque futur parent aie les mêmes informations…

  5. Très réaliste … J’aime beaucoup ton texte!
    Tu dis exactement ce que le monde pense tout bas …
    Pour le deuil …
    Sujet délicat et parfois pas toujours facile à parler. Il faut attendre un petit peu et dès que la personne ouvre son coeur, il est temps de lui donner une petite lueur d’espoir…
    Je désire vous offrir le titre d’un livre très intéressant et qui aide beaucoup au cheminement pour le deuil …
    Livre : Aimer, Perdre et Grandir (Assumer les difficultés et les deuils dans la vie ; l’art de transformer une perte en gain) …
    Auteur : JEAN MONBOURQUETTE

  6. Ah la politique de l’autruche! Les intervenants ne devraient pas seulement inciter a la preparation d’un plan de naissance, mais aussi inciter a un plan de naissance qui prepare et faire reflechir au fait que ca puisse arriver, et quelles sont les actions qu’on prendrait si jamais ca arrivait. Au moins, ca ouvrirait la porte et qui sait peut etre développer la tolerance envers les parents orphelins. Parce que bon, une grosse epreuve, c’est souvent un regime amaigrissant pour le reseau relationnel. Seuls les vrais amis restent. Il se peut que d’autres vous fuient, surtout si ils sont en mode construction de bebe. Ils y en a que le malheur effraie, comme s’ils craignaient que cela soit contagieux…
    Malheureusement, tous les parents orphelins ont un des temoignages de reactions inattendues, mais blessantes de gens ou moins proches…

  7. moi, comme éducatrice je suis là comme support aux élèves et a l’enseignant. Mais faut-il encore qu’ils aient du budget……. et qui est pénalisé? les enfants et le prof….

  8. Tu as parfaitement raison François, le monde de l’éducation est malade et le reste du monde aussi. On voudrait que tout soit beau et que tout aille bien, mais la vie ce n’est pas ça. Les politicien font de la politique, ils veulent plaire à tout le monde, supposément, et disent n’importe quoi. Savais-tu que même les fameux penseurs du ministère de l’éducation pensent que le nombre d’enfant en difficulté que nous avons dans nos classe se limite à un. Ils sont vraiment déconnectés de la réalité. Pour ce qui est de l’anglais intensif en 6ième, on est pas sorti du bois. Je ne vois pas comment ce sera faisable dans nos milieux. Et, est-ce que c’est vraiment désiré tant que ça par tous les parents, j’en doute fortement. En tout cas, on en jasera un moment donné. Prends soin de toi et de ta belle Cynthia.

  9. Bravo pour votre texte emprunt de réalisme!!! Autant pour autant on refuse d’entendre les réalités qui sont moins agréables. Vive le jeu de l’autruche, peut importe le domaine!!! Je vous lève mon chapeau en tant que prof, moi je ne le ferais pas!!! Je vous admire profondement!
    Je suis infirmière de profession. Puis-je vous dire que je n’ai JAMAIS entendu parlé de mort d’enfant ou de deuil périnatal durant mon cours??? En fait, mon premier contact avec le décès d’un bébé, c’est quand je suis arrivée sur un cas où le bébé était déjà mort. Devant le fait accompli, je n’ai pas eu le choix d’agir, même si j’étais très loin d’être préparée. J’en ai pleuré durant des jours et ça a changé mon plan de carrière même. Depuis, le cours a changé parce que ce n’est plus la même personne qui le donne. C’est un papa qui a vécu le deuil périnatal. Les étudiants ont donc droit à un petit cours de 4h, une conférence et un temps de la boratoire. C’est pas beaucoup, mais c’est mieux que rien du tout!!!
    On pourrait étendre le sujet longtemps sur plein de choses de la vie. Même si c’est important de voir la vie positivement, c’est quand même important de savoir que les avaries peuvent arriver et qu’il faut s’y préparer, non pas se mettre la tête dans le sable et fermer les yeux jusqu’à ce que « ça passe »!!!

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