Vie de prof: en grève

Mardi matin. 5h30. L’alarme de mon cadran retentit à côté de moi sur ma table de chevet.

Je me lève, me verse un premier café. Un deuxième suivra bientôt.

Dans environ une heure, je lèverai les enfants, nous déjeunerons, nous habillerons et ils prendront la route vers la garderie.

Une matinée comme bien des autres quoi!

À un seul petit détail près…

Ce matin, je n’irai pas enseigner à mes merveilleux élèves.

Ce matin, je suis en grève comme des milliers d’autres enseignants et employés de la fonction publique au Québec.

Nous serons plus de 100 000 aujourd’hui à travers la province à protester contre les coupures en éducation (et dans les autres services évidemment).

Cette semaine, c’est près d’un demi-million de personnes qui exerceront leur droit de grève.

En novembre, nous devrons peut-être refaire le tout pendant deux autres journées. Puis, au début du mois de décembre, c’est trois journées de grève consécutive qui sont prévues.

Est-ce qu’on le fait de gaieté de cœur? Non… Je ne connais personne qui aime « perdre » une journée d’enseignement, de salaire pour participer à une grève.

Je pourrais vous écrire un texte interminable sur les motivations qui nous poussent à faire la grève. Sur l’état des négociations. Sur nos revendications. Sur l’austérité libérale de notre gouvernement.

Tout cela est déjà bien documenté dans les médias.

Ce matin, je suis en grève parce que je crois en nos enfants.

Ce matin, je vais être sur les lignes de piquetage pour mes enfants, Eliot et Léa-Jade, pour qu’ils aient accès dans quelques années à un système d’éducation public de qualité.

Ce matin, j’y serai pour moi et mes collègues, pour que nous ayons la possibilité d’avoir des conditions de travail digne de la profession qu’on exerce. Pour qu’on puisse continuer d’allumer l’étincelle chez nos jeunes et non de tirer le diable par la queue dans nos classes.

Ce matin, j’ai le cœur gros d’en être rendu là pour pouvoir pratiquer adéquatement ce métier que j’adore.

Ce matin, malgré les désagréments que cela aura pour plusieurs familles québécoises, j’espère que vous serez avec nous; que vous croyez vous aussi en vos enfants et leurs profs et qu’on pourra finalement leur offrir ce qu’il y a de mieux.

Bonne journée à tous mes collègues grévistes. Merci à la population de son soutien.

Et merci à notre gouvernement de prendre en considération l’avenir de nos enfants.

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4 réflexions sur “Vie de prof: en grève

  1. Je suis enseignante de français en Ontario. Je sympatise beaucoup avec vous. Je vous encourage à continuer de vous battre pour ce que vous croyez. Nos enfants sont notre avenir! Ne lâchez pas!

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