Grève étudiante versus intimidation

Lorsque j’écris mes billets du jour, je me laisse souvent influencer par l’actualité du jour, les commentaires que je lis de mes amis/connaissances sur les réseaux sociaux, etc.

Ceux qui me connaissent bien savent que j’ai deux côtés à ma personnalité. Il y a celle que vous avez pu lire dans les dernières semaines qui est plutôt émotive et qui écrit et pense avec son cœur. Il y a aussi mon petit côté plus rationnel qui fait en sorte que j’aime bien jouer à l’avocat du diable, au grand désespoir de ma copine parfois!

Aujourd’hui, pour ce billet, comme je le mentionne dans le 1er paragraphe de ce texte, je m’inspire beaucoup de l’actualité. En lisant le titre, vous comprendrez surement de quoi il sera question, mais surement que vous ne faites pas le lien entre les deux.

C’est un ami ce matin sur Facebook qui y allait d’une réflexion bien à propos. Il me suggérait même d’en faire un billet de blogue, ce que je fais avec plaisir mon Tommy.

Voici la réflexion en question:

« C’est drôle car il y a de cela pas si longtemps tout le monde pleurnichait a cause de la mort a Marjorie Raymond et dénonçait l’intimidation quelle a reçu ! Tlm dénonçait l’intimidation dans le domaine de la construction ! Et aujourd’hui je me promène sur Facebook et je vois de l’intimidation fait par un peu tlm sur le résultat du vote de grève d’hier !! C’est même personne qui chialait contre l’intimidation tienne des propos vis a vis des personnes cibler aujourd’hui !!! TBNK réveillez-vous asti !!!!!!!!!! Avalez la votre coliss de pilule pis arrêter de chercher un coupable et de lui taper sur la tète !!!! Voila 1ere monté de lait de ma vie sur FB 🙂 Thomas Briand Gionest lâche pas mon chum tu as une job très ingrate et tu fais du mieux que tu peux !!! »

Vous comprenez maintenant un peu mieux le lien entre « grève étudiante » et « intimidation » dans le titre du billet. Je dois dire qu’il n’a pas tord.

Au Québec, on ne sait pas débattre. Dès qu’une personne n’a pas la même opinion que la notre, on le descend tout simplement. Il n’y a pas de place à discussion, c’est la loi du plus fort, point à la ligne.

On s’intimide entre adulte alors qu’on demande aux ados de ne pas le faire à l’école, que ce n’est pas bien et que ça cause des suicides. Bel exemple de notre part…

Dans le dossier de la grève étudiante, je suis capable de comprendre un peu les arguments de tous et chacun. C’est vrai que plusieurs étudiants vivent au-dessus de leur moyen pendant leurs études: iPad, iPhone, iBebelle, auto neuve, voyage dans le sud, etc. Je le sais, j’ai fini mon baccalauréat il y a 4 ans et j’ai tout vu cela.

J’ai aussi vu des étudiants qui viennent de famille ayant peu de moyen, qui avaient peu d’aide de leurs familles, qui ont travaillé fort pour réussir  leurs études, qui en ont bûché un coup pour avoir un diplôme, etc. Ceux-là n’auraient surement pas eu accès à une éducation supérieure de qualité sans les acquis que nous avons dans notre système d’éducation.

Le texte suivant « Gâtés, nos étudiants?« , écrit par Marc Frappier, professeur à l’Université de Sherbrooke, explique les enjeux de cette grève, selon son point de vue.

Dans la vie, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. C’est important d’ouvrir un peu ses œillères et de voir plus loin que le bout de son nez.

J’ai lu des commentaires sur Facebook qui m’ont un peu perturbé. Désolé pour ces personnes, mais les commentaires suivants expliquent bien notre société nombrilisme où le je, me, moi fait loi…

« T’a pas d’argent pour payer tes frais de scolarité et la future hausse ?! C’est plate pour toi…MAIS MOI J’EN AI FACK Y’A TU MOYEN DE FINIR MA DERNIÈRE SESSION DE BAC !!!!!!! »

« C’est tu moi où il y a juste les hipsters, les poches de jutes et ceux qui veulent étudier toute leur vie qui votent pour la grève !!!!! Common un peu vous ne pouvez pas faire de grève les ti amis car une grève est synonyme qu’il y a conflit avec un employeur et dans votre cas vous êtes encore aux études, donc sans aucun employeur et conflit de travail !!!!! Dépêchez-vous donc de finir au lieu de ralentir ceux qui sont vraiment motivés à un jour travailler !!!!! Paklow !!!!! »

Bien sur, je n’ai pas nommé les responsables de ces commentaires. J’ai choisi ces deux là, mais j’avais des dizaines d’exemple sur mon Facebook. J’espère ne pas froisser les personnes en question, mais si vous publiez ainsi ces commentaires sur vos murs, c’est parce que vous devez avoir la conviction de vos opinions et être capable de défendre vos écrits.

C’est par là que va commencer un vrai débat sur le fond des choses. Et non en imposant nos idées et en rejetant du revers de la main ce que les autres pensent.

Quel genre de société voulons-nous laisser à nos enfants? Quel genre d’exemple voulons-nous être pour nos enfants? Pour l’instant, je dois dire que nous sommes bien mal partis…

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10 réflexions sur “Grève étudiante versus intimidation

  1. Le débat sur la hausse des frais de scolarité est hautement émotif, et oui il y a des dérapages à dénoncer de part et d’autres. Comme l’a brillamment écrit l’écrivaine anglaise Evelyn Beatrice Hall (et non Voltaire), «I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it.» Y’a moyen de défendre ses idées tout en se portant également à la défense d’un idéal de liberté, non?

    «On s’intimide entre adulte alors qu’on demande aux ados de ne pas le faire à l’école»

    Et à voir les débats à l’Assemblée nationale, on réalise que le mauvais exemple vient de très haut, malheureusement.

  2. Personnellement je trouve que le mot venant du président de l’AGECAR est tout aussi intimidant que ceux des deux autres (surtout pour un cas qui parle d’intimidation). Il me semble que des tabarnak puis des coliss, etc, c’est assez intimidant en effet. En fait, il ne s’agit peut-être pas tant d’intimidation, mais surtout des propos irrespectueux de tous ceux cités plus haut. En effet, quand il s’agit de politique les gens deviennent émotifs et disent des choses qui peuvent en blesser d’autres. Il en est de même pour tous les propos ci-haut. Il ne faut pas confondre intimidation (menace, pression, chantage) et discrimination (fait de séparer et de traiter un groupe de personnes différemment des autres). De plus, j’ajouterais qu’en tant que président de l’AGECAR M. Gionest devrait être un peu plus respectueux de ceux qui sont d’opinion contraire au sien, et il en va de même pour tous les autres « bitcheux/bitcheuse »! D’autant plus qu’à la base son poste demande de la neutralité. J’en conviens le vote est passé, mais ce n’est pas une raison pour se monter contre ceux qui sont contre la grève! La démocratie, c’est avoir le droit de donner son opinion, peu importe de quoi il s’agit. Peu importe votre position, il y a moyen de la faire valoir respectueusement! Ceci étant dit, je ne cacherais pas que je fais partie de celle qui s’emporte assez facilement en matière de politique, mais je m’efforce de rester respectueuse de l’opinion des autres!

  3. Je ne pense pas que le mot soit de la part du président de l’AGECAR, mais plutôt d’un ami qui se porte à sa défense. Quoiqu’il en soit, j’ai également quelques difficultés avec les sacres qui ornementent toutes les phrases. Je ne crois pas que ce vocabulaire soit payant. Il en va de même pour les slogans lus dans les manifestations. Selon moi, « WTF la Hausse » et « Dans l’Cul Charest », ce ne sont pas des slogans payants. Bravo à tous ceux qui savent faire preuve d’originalité et dénoncer cette hausse sans devenir carrément vulgaire.
    Quant à l’intimidation, Sylvain Bérubé a bien raison… lorsque l’on entend parler nos politiciens qui s’invectivent de bêtises entre eux, on ne doit pas se questionner longtemps sur le manque de respects entre eux de la part des plus jeunes… Et pour l’intimidation dans le contexte des manifestations actuelles, je trouve ça tout aussi déplorable. Il y a toujours moyen de discuter d’un sujet sans se faire traiter de con, de traître ou de n’importe quoi d’autre il me semble… Tant que les personnes concernées ont la chance de s’exprimer librement et de façon cohérente, toutes les opinions ont leur place et méritent d’être écoutées.

  4. Le hic…on dit que l’on ne veut pas bloquer l’accès aux études et que ça va influencer le niveau de personne avec un diplôme….mais le Québec, mais même avec les frais bas, est une des pires province pour le nombre de personnes décrochant un diplôme. Comment expliquer cela?!?! Peut-être que ça fait un couple d’année que les québécois auraient dû réaliser leurs immense avantage d’avoir des frais de scolarité bas.

    Si j’étais un président d’Asso, ma revendication serait plutôt qu’ils incluent les coûts de livre dans les crédits d’impôt ce les livres coûtent souvent plus cher que l’augmentation actuelle. Mon dernier cours de fiscalité m’a coûté 225$ en livre…

    Par contre, tous les québécois devront, dans un proche avenir, faire des choix de sociétés de laisser tomber certains avantages que nous n’avons plus la capacité de nous payer…

    1. «mais le Québec, mais même avec les frais bas, est une des pires province pour le nombre de personnes décrochant un diplôme. Comment expliquer cela?!?!»

      Ça s’explique facilement: c’est tout simplement faux. Vrai que notre taux de diplômation universitaire est inférieur à la moyenne des ours. Mais le Québec a la particularité d’avoir une institution scolaire entre le secondaire (le « high school » au Canada) et l’université: le cégep. Ainsi, beaucoup plus d’étudiants québécois pourront se professionnaliser au cégep, ce qui n’est pas le cas ailleurs. De plus, n’ayant pas de cégep, la durée moyenne des baccalauréats à l’extérieure du Québec est de quatre ans, tandis qu’elle est de trois ans ici. Ça aussi, ça a une incidence sur le taux de fréquentation universitaire.

      Donc, si on s’intéresse plutôt au taux de diplômation «post-secondaire» (cégep et université inclus), le Québec est dix points de pourcentage au-dessus de la moyenne canadienne!

      L’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) développe cet argument ici:

      «Cela dit, il est aussi important de souligner que la comparaison entre les universités québécoises et les universités canadiennes est boiteuses. En effet, il existe au Québec une institution postsecondaire unique qui change la donne de la fréquentation: le cégep. Parce qu’il est quasi-obligatoire avant l’université, il réduit la durée des baccalauréats au Québec par rapport au reste du Canada. Parce qu’il est quasi-gratuit, il rend très attrayant des diplômes collégiaux qui mènent directement au marché du travail au Québec alors qu’ils sont uniquement disponibles à l’université dans le reste du Canada. L’existence des cégeps vient donc défavoriser artificiellement le Québec par rapport aux autres provinces (notons que malgré ce « désavantage » le Québec est au-dessus de la moyenne en matière de fréquentation universitaire). Quand on observe la fréquentation postsecondaire au complet, on voit que le Québec obtient un fréquentation nettement supérieure à l’ensemble des autres provinces, dépassant de 9% la moyenne canadienne.»
      Source: http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/la-hausse-des-frais-de-scolarite-reduira-la-frequentation-universitaire/

      Simon Tremblay-Pépin de l’IRIS s’exprime sur cette question dans ce court vidéo YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=RbtOSexa1yg

      Il faut aussi mentionner qu’au Québec, nous avions un retard historique, culturel même, à surmonter par rapport à l’éducation. Force est de constater qu’au cours des quarante dernières années, nous l’avons relevé en bonne partie.

      @ François
      «Si j’étais un président d’Asso, ma revendication serait plutôt qu’ils incluent les coûts de livre dans les crédits d’impôt ce les livres coûtent souvent plus cher que l’augmentation actuelle. Mon dernier cours de fiscalité m’a coûté 225$ en livre…»

      Ben d’accord!

      Il y a aussi un grand ménage à faire dans l’édition des livres scolaires, et dans la diffusion des articles scientifiques également. Il y a de l’abus comme c’est pas possible.

  5. Je reviens vite faite avec quelques données. Malheureusement, je n’ai pas pu retrouver mes données vu que j’ai une tonne de stats sur l’enseignement ici.

    Si on prends vraiment au bas des études, soit au secondaire, voici où on se situe : http://www.statcan.gc.ca/pub/81-604-x/2011001/tbl/tbla2.2-fra.htm

    Un autre qui fait mal est celui-ci : http://www.statcan.gc.ca/pub/81-604-x/2011001/c-g/c-ga1.4.1-fra.htm

    Aussi, j’ai jamais compris comment du monde qui n’est pas capable de faire une année de secondaire et la réussir font pour réussir environ trois ans de secondaire en 1 an… : http://www.statcan.gc.ca/pub/81-604-x/2011001/c-g/c-ga2.1-fra.htm

    Voici une recherche utile pour discuter du besoins des institutions : http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2012DT-02.pdf

    Pour se rappeler les frais de scolarité : http://www.statcan.gc.ca/pub/81-582-x/2010004/tbl/tblb2.9-fra.htm VS les revenus (voir, plusieurs provinces avec de hauts frais de scolarité ont plus de participation du Gvt que le Québec..) http://www.statcan.gc.ca/pub/81-582-x/2010004/tbl/tblb2.12-fra.htm

    Une chose qui est souvent oublié, ce que pour une grande partie de ces étudiants, il y aura une grosse augmentation des prêts et bourses vu qu’ils sont basés sur le coût d’étude (par contre dans le calcul, ils mettent des frais minimum qu’un étudiant à besoin (le mot besoin est important) et non le superflux). Les autres provinces ont une telle manière de fonctionner en plus d’un système de subvention pour l’aide au remboursement, ce que le Québec n’a pas. Aussi, les universités se forcent le derrière à trouver des compagnies prêtent à donner des bourses d’études.

    Sur cela, je retourne à mon travail 🙂

  6. Je comprend pas comment des cerveau universitaire ne sachent pas comment faire une greve et se faire valoir c’est pas a 100 ou 200 personnes que vous allez avancer si vous voulez que ca bouge lever votre cul le matin et a 5000 ou 10000 personnes ca va faire plus d’effets parlez aussi des vraix chose le gouvernement écrase les gens sous les taxes alors qu’ils peuvent aller chercher beaucoup plus d’argent ailleur notre eau potable est exploité avec un simple permis qui coute a peine 2000 dollars !!!! pkoi pas aller chercher de l’argent la?? les bouteille d’eau qu’ils produise detruit notre environement et nous coute de l,argent et eux font des milliards avec notre eau cela n’est qu’une exemple faite marcher vos cerveau et trouver les endroits ou l’argent pourrais etre prélevé dénocer c’est fait réel que le gouvernement allege afin de ne pas perdre des appuits politiques la solution est la faite valoir ses choses afin de réveiller les vieux qui dorme au gaz au quebec et qui continu a se faire écraser sans bougé ici la population fait simplement se plaidre sans bouger leurs cul c’est pour ca nous sommes écraser par le reste du canada

  7. Aux étudiants de Sherbrooke en particulier et les autres, vérifier avec vos représentants « syndicat » étudiant ils ont une lettre de L,Université à vous remettre avec les information des conséquence assurez-vous d’avoir les info avant de voter.

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